EVOLVE 2017, un bilan mitigé

Dernièrement, je me suis intéressé à Evolve, un logiciel orienté surfacique Nurbs originellement créé par la société SolidThinking maintenant détenue par Altair spécialiste en logiciel de Calcul.

Evolve SolidThinking

Source SolidThinking

Pourquoi m’orienter vers Evolve

Les licences Dassault systèmes sont plutôt onéreuses. Mon objectif était donc de tester une solution externe à Catia permettant de produire un surfacique de style de façon rapide et ergonomique pour la réinjecter ensuite sous forme de STEP dans Catia.

Le gros intérêt d’Evolve réside dans l’utilisation de l’outil Polynurbs. Pour ceux qui ne connaissent pas, il s’agit d’une surface mathématique contenue et pilotée par une structure polygonale qui lui est extérieure (une sorte de cage).
Cela ressemble comme deux gouttes d’eau à l’atelier IMA de Catia V5 (voir cet article sur un cadre de vélo en carbone et celui-ci sur la modélisation d’un avion)
En déformant cette cage, vous déformez la surface mathématique contenue. Celle-ci devant rester continue en courbure.
On voit tout de suite l’intérêt de la démarche car, pour ajuster la silhouette d’un objet, il suffit de tirer un peu sur la cage et le tour est joué.

En plus de cela, Evolve propose un certain nombre d’outils surfaciques plus classiques permettant de faire du “wireframe and surface design”. Tous ces outils sont parfaitement compatibles entre eux. Il est ainsi possible de commencer une surface polynurbs, de l’intersecter par une opération booléenne avec une autre surface et d’ajuster toutes les entrées pour converger vers la forme souhaitée.
En effet, Evolve est un logiciel associatif ce qui est un point incontournable dans un processus itératif de conception.

La moteur Nurbs d’Evolve est éprouvé, il s’agit de Parasolid tout comme dans SolidWorks ou ZW3D.

L’ensemble de ces points ainsi que son prix abordable ont donc attiré toute mon attention, c’est ainsi que je me suis lancé dans une évaluation en temps limité (15 jours seulement) en téléchargeant une version d’essai 2017 sur le site officiel.

Mon retour d’expérience sur Evolve 2017

1 – Export en Step et import dans Catia

Mon objectif premier était de vérifier si je pouvais récupérer une géométrie surfacique et l’importer dans Catia.
Mon premier test fut donc de créer une forme très simple, de la déformer en manipulant ses poignées puis de l’exporter en Step.

Je suis donc parti sur une polyplane, que j’ai déformée puis exporté en STEP.

Dans Catia, le résultat est parfait. Nous pouvons faire toutes sortes de manipulations surfaciques et même épaissir la surface.

Ce premier point est donc validé.
Chouette !

2 – Une construction plus complexe dans EVOLVE puis Export vers Catia

Ce coup-ci, nous rentrons dans le vif du sujet.
C’est l’occasion de découvrir comment Evolve gère ses éléments de construction (son historique) et comment sont agencées les boites de dialogue. Sont-elles riches de paramètres et pratiques ?

Sur ce dernier point, coté ergonomie, je reste sur ma faim car il n’y a pas énormément de paramètres pour régler en profondeur les différentes opérations.
La représentation de l’historique des opérations est à l’image des logiciels utilisant parasolid. Tout est chronologiquement empilé. On aimerait avoir des groupes pour classer nous-même les éléments résultants ou opérations.
Certes, cette version 2017 doit disparaitre au profit de la version 2019 à priori complètement refondue. Affaire à suivre…

Pour me faire la main j’ai produit des surfaces polyplane globalement perpendiculaires que j’ai déformées histoire de leur donner un courbure dans les deux sens. C’est plus élégant et démonstratif pour la suite que des surfaces d’extrusion ou de révolution.
Je me suis ensuite arrangé pour les recouper par des courbes Nurbs, soit directement avec un outil de découpe, soit en les projetant.

Voici donc la base. Le but étant de voir comment le logiciel va remplir le trou.

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Le remplissage se fait ici avec l’opération surface de raccordement.
On peut aussi utiliser d’autres stratégies mais celle-ci reste simple à utiliser et me permet semble t’il de changer de continuité de chaque coté.
Par défaut, la continuité est G2 (en courbure) et l’on peut demander à ne l’avoir qu’en G1 (tangence).

Voici ci-dessous le raccordement G1.

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On voit clairement la cassure des zèbres au niveau de la frontière des surfaces.

Ci-dessous, le raccordement G2

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Les cassures sont arrondies presque partout. Le résiduel de cassure peut être simplement du à l’outil présentant les rayures.
Les paramètres de lissage en haut gère la tension de la peau ce qui dans un sens la transforme en chanfrein et dans l’autre la rend plus pointue en son centre.
Les autres options n’ont pas été activées car autant l’on peu faire correspondre les U et les V sur un bord (celui de droite), sur l’autre (celui de gauche) on passe progressivement des U au V ce qui rend la chose incohérente.

J’ai du coup exporté en Step et importé dans Catia pour être sûr de bien voir ce qu’il fallait voir.

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On n’est effectivement pas à ce niveau de qualité (G2).

Dans Catia, il n’est même pas possible de travailler avec ces surfaces. L’épaississement solide conduit, par exemple, directement à une erreur.

Tentons d’améliorer les choses.

De retour dans Evolve, il est possible d’améliorer un peu la qualité des résultats en augmentant drastiquement ces paramètres:

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En basculant en plaquage de texture avec le reflet de l’environnement, sur cette dernière on voit une petite amélioration mais finalement la continuité G2 reste douteuse entre les surfaces.

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Malgré l’exigence G2 sur les frontières de cette surface de raccord et la modification des paramètres, il existe encore des cassures dans le reflet de l’image.
Est-ce réellement une continuité en courbure où est-ce simplement un problème d’affichage (application du maillage pour Gouraud) ?

Le boost des paramètres a eu au moins pour effet de rendre ces surfaces exploitables dans Catia. Il est donc possible d’en faire un solide par exemple. C’est une bonne chose car cela me rapproche de l’objectif.

L’analyse de la surface sur Catia montre en effet qu’à l’endroit de la cassure du reflet, il n’y a pas de continuité en courbure.

Evolve

Cela me gêne un peu de ne pas avoir une meilleure qualité mais si cela me permet de gagner du temps dans mon flux de travail alors cela reste acceptable. Le problème est qu’Evolve met maintenant beaucoup plus de temps à calculer ses mises à jour de géométrie.
Ceci est d’autant plus gênant qu’il recalcule toute la géométrie à partir du moment où n’importe quel paramètre change, qu’il soit en amont de l’arbre ou tout à la fin. Un logiciel comme Catia ne recalcule que le strict nécessaire.

Ceci rend déjà le travail impossible sur un petit assemblage comme celui-ci. Il est donc impensable d’espérer produire des pièces plus complexes de façon propre en vue de les exporter ensuite vers Catia.

3 – Essayons avec une surface Polynurbs

L’outil Polynurbs semblable à IMA m’a attiré du fait d’un gain potentiel en temps et en argent.

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Un court essai, même avec les paramètres de précision boostés montre un résultat pire encore. Si les patchs semblent bien continus en courbure, les jonctions entre les patchs sont vraiment mauvaises.

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Impossible d’en tirer quelque chose dans Catia (ici une tentative d’épaississement)

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Conclusion

En général, je trouve le logiciel trop peu fourni. il manque par exemple des outils pour analyser la qualité des raccordements de surfaces. Si l’interface est agréable à l’œil et moderne comparé à Rhino, on reste finalement bien loin de la qualité des Nurbs de Rhino.
Evolve est par contre associatif contrairement à Rhino mais la gestion de son historique et des mises à jour ne sont pas optimisées.

Evolve, permet effectivement de faire du surfacique sans grande prise de tête et si l’on reste à l’intérieur, on ne se rend pas trop compte du manque de précision.
La surprise risque d’apparaitre si l’on doit ensuite fabriquer à partir de telles géométries.

Le but de cet article n’était que de donner mon retour d’expérience sur cette version d’Evolve 2017.
Il est certain que ce produit va se développer et s’améliorer. Attendons la suite.

J’espère que cet article vous a plu.
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1 Comment

  1. Répondre primus

    Merci pour ce retour d’expérience. Même si chacun peut (doit) se faire son idée sur un logiciel, au moins nous sommes prévenus…
    Peut être que la prochaine version sera combler les lacunes.

    Primus

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